Je n'imaginais pas pouvoir aimer comme je l'ai aimée, j'ai cru à lui comme on croit à un rêve. Quand il s'est évanoui j'ai disparu avec lui. Je pensais agir par courage, par abnégation mais j'aurais pu refuser d'entendre tous ceux qui m'ordonnaient de ne pas le revoir. Je sais ce que tu penses, la vérité est ailleurs, la peur est plurielle. Il m'a fallu du temps pour m'avouer que j'ai eu peur de ne pas savoir l'entrainer au bout de mes rêves, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas pouvoir les réaliser, peur ne pas être à leur hauteur, peur de ne pas pouvoir les réaliser, peur de ne pas être la femme qu'il attendait, peur de m'avouer qu'il m'avait oublié. Je suis parti vivre à l'étranger pour m'éloigner de lui. mais il n'y a pas de distance assez lointaine quand on aime. Il suffisait qu'un homme dans la rue lui ressemble pour que je le voi marcher, que ma main griffonne son nom sur une feuille de papier pour le faire apparaître, que je ferme les yeux pour voir les siens, que je m'enferme dans le silence pour entendre sa voix. Je vis dans la contradiction de cet espoir où la vie nous remettrait en présence l'un de l'autre, sans savoir si j'oserais lui parler. Je n'ai pas oublié que la solitude est un jardin où rien ne pousse. Même si aujourd'hui je vis sans lui, je ne suis plus jamais seul puisqu'il existe quelque part .
Et si c'était vrai.